12 mars 2010

De façade

Comment définir mon humeur? Je passe de la joie de vivre à des moments de sentiments douloureux. Je sens les larmes monter, affleurer et pourtant je ne m'autorise pas à les laisser couler. C'est totalement absurde! Je sais pleurer devant un navet mais impossible de pleurer sur moi-même - ou en tout cas de pleurer sur certaines blessures. Les flots sont contenus par un énorme barrage.
J'ai fait un stage très enrichissant sur le développement personnel. 3 jours comme une bulle d'oxygène à réfléchir, rire, discuter. Le dernier fut un peu plus difficile : constater qu'il y a quelques portes piégées en moi. J'en ai mis des défenses dis donc. J'en suis la première surprise alors que je me livre ici et ailleurs de manière totalement anonyme, plutôt facilement. Surprise parce que je n'ai pris conscience de ce mur que depuis quelques semaines. Je parle (beaucoup diront certains), j'écoute (je sais le faire aussi!), je manie l'humour comme une terrible arme mais depuis quelques mois je vois bien que je suis en décalage. Je voudrais sincèrement dépasser ce sentiment de mutisme intérieur. C'est comme si je réalisais que j'étais anesthésiée, engourdie. C'est une drôle de sensation. Je me sens vivante en regardant ce qui m'est extérieur, ce qui me fait du bien et pourtant je vois que je suis incapable - pour le moment - d'exprimer mes émotions (bonnes ou mauvaises).
Je ne suis qu'une façade. Une image. Oh elle ne me déplait pas cette image malgré tout. Elle peut être gratifiante car j'aime être dans le partage. J'accueille les joies et les peines des autres mais moi à l'évidence, je ne donne rien, je ne livre rien. Je me cache dans les généralités, le "on", le rôle que j'imagine qu'on attend de moi.
Je sais dire "je pense" mais pas "je ressens".
C'est un autre chemin qui s'ouvre à moi et j'avoue que j'ai terriblement peur de le prendre bien qu'il puisse m'attirer. Vivre mes émotions autrement.

Posté par jeolianne à 15:51 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur De façade

  • Je crois que je comprends. Je crois même que je comprends bien. Peut être même très bien ...

    Posté par ms, 12 mars 2010 à 19:58 | | Répondre
  • c'est tellement tellement dur d'affronter ses émotions
    mais c'est salvateur aussi...

    Posté par Gaufrette, 12 mars 2010 à 22:33 | | Répondre
  • Je pense quant a moi que ce sentiment de ne plus savoir ou on se positionne est légitime a l'âge qui est le notre. Je m'explique : au mieux on est a mi parcours et naturellement on jette un coup d'oeil dans le rétro pour commencer a établir un premier vrai bilan. Est ce que j'ai réussi ma vie ? Au sens large et de façon plus modulaire : famille, sentimentale, professionnelle, ...
    Sûrement que tout ce qu'on pensait avoir réussi souffre en fait de certains grains de sable, auxquels on n' avait pas prête attention avant mais qui s'averent aujourd'hui
    ressembler plus a des cailloux que des poussières. Souvent, c'est au niveau des sentiments que ça pêche, en fait j'en suis la. On s'accroche a des illusions que ça devrait s'arranger sans avoir la lucidité et le courage de prendre le problème a bras le corps; d'où mutisme, replis sur soi et mal être... Si quelq'un a la solution je suis preneur...

    Posté par Martial, 14 mars 2010 à 14:25 | | Répondre
  • Je me prends tes mots, ceux de Martial en pleine tête... J'aime les grains de sable qui s'avèrent cailloux. je ne peux me résoudre à penser que ce n'est qu'une histoire de crise de quarantaine... non, c'est forcément plus profond que ça, forcément...
    Immmmmense soupir !!!!
    Moi aussi, si quelqu'un a la solution, je suis preneuse...

    Posté par RdT, 15 mars 2010 à 16:49 | | Répondre
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